Aujourd'hui, je ne sais pas vous mais moi j'ai savouré, et je continue de savourer cette éclatante victoire des Bleus contre l'Espagne. J'ai savouré de voir l'équipe se hisser enfin au niveau attendu et tant espéré. J'ai savouré la force dégagée par notre équipe, et notamment psychologique. Je pense à tous les vrais supporters de France, ceux qui ne crachent pas contre l'équipe quand elle perd ou joue mal, ceux qui ne sifflent pas dans les tribunes du Stade de France, les simples, les humbles, les silencieux, les cachés, les passionnés, les irréductibles.
Cette victoire est celle de l'humilité (retrouvée de notre équipe) contre l'arrogance, comme très souvent dans le sport. Elle est par ailleurs incontestable du point de vue sportif, tellement les Français ont semblé supérieurs dans chaque aspect du jeu : rigoureux, patients, incisifs et enfin très réalistes dans la conclusion.
Pour commencer, je voudrais saluer cette jeune équipe d'Espagne, à qui il a manqué le brin d'expérience si important dans les grandes compétitions. "Sueno roto" (rêve brisé), c'est ce que titrait dans la nuit le quotidien Marca. Cette équipe espagnole a de beaux jours devant elle, elle va gagner en maturité, et sera sans doute l'une des favorites de l'Euro 2008 en Autriche.
Notre équipe de France hier soir avait faim. Un appétit qui, à l'instar de celui de ses supporters, est maintenant rendu insatiable.
L'homme du match le plus souvent cité est Patrick Vieira, capitaine admirable, passeur puis buteur ; il fut hier un monstre sur le terrain. Regardez bien son regard terrible à l'encontre d'Aragones, lui demandant de se calmer et de se taire. Aragones sélectionneur polémiqueur, qui a lui seul, a dû aiguiser la révolte française.
Mais il me semble que la palme doit pourtant revenir - à ceci près que dans un match aussi accompli que celui d'hier, c'est surtout la force collective qui a été énorme - à Franck Ribéry, qui a été décisif au meilleur moment pour l'équipe. Il sonna la révolte de France, et fut au four et au moulin. Neutralisé pendant près de 30 minutes dans son couloir latéral droit, il n'a pourtant jamais baissé les bras, et réussit à perçer la brêche. Franck Ribéry qui marque, c'est un premier symbole fort dans ce match.
Une fois 1-1, je crois que la partie ne pouvait plus nous échapper. La tête rageuse de Vieira à 10 minutes de la fin a été plus fort qu'un K.O. de boxe, car il parachève une maitrise collective totale. Vieira 2ème symbole de cette équipe, toujours là, toujours plus fort. Son but libère l'équipe, qui à ce moment du match sait enfin conclure et tuer le match.
Et puis...surgit le magicien, notre Zinedine Zidane, tant décrié en Espagne, tant critiqué pour sa méforme, le 3ème symbole...Quand on est une star, ne pas jouer à son meilleur niveau c'est être condamné à la critique. Zidane était hier soir au rendez-vous comme promis. Du point de vue technique, il n'a rien donné à l'adversaire. Un très grand match, couronné par un but déjà historique face à Casillas, après s'être offert un crochet meurtrier sur Puyol. Clin d'oeil madrilène par dessus le marché au capitaine de Barcelone. Comment penser qu'une étoile comme Zidane pouvait s'éclipser le jour d'un France-Espagne ?
Cette équipe a déjà réussi un grand pari, je salue une nouvelle fois la science tactique de Raymond Domenech, ainsi que son courage. je salue les Bleus parce qu'hier ils nous rendus heureux comme des gamins de 10 ans.
Maintenant tous les regards sont tournés vers le Brésil.
Et ceux qui comme moi ont attendu et souffert pendant 6 ans, savent que la première chose à faire, c'est respecter son adversaire.
Un France-Brésil pour un samedi soir 1er juillet, c'est comme un gigantesque dessert.
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